1 - De profonds bouleversements
culturels et religieux.
La salle est dans l'obscurité.
Une musique rap assez forte envahit la salle …
Louis, homme d’un certain âge et habillé classiquement,
entre en scène.
Il regarde à droite ... à gauche…
Louis se parlant à lui-même :
«Où suis-je donc ?
Je croyais participer à un rassemblement de gens sérieux
qui s’interrogent sur la transmission par l’image et
le son
de ce qu’ils croient, espèrent, rêvent.
Me voilà assommé par une musique abrutissante.
Suis-je plongé dans l’obscurité d'une fin de monde ?
Se tournant vers le public
Je ne sais pas qui vous êtes,
pour écouter avec volupté une musique pareille.
Américains, chinois, indiens, russes, européens…
sommes-nous tous obligés de subir cette musique ?
Sommes-nous tous obligés de subir ce bouleversement ?
Inimaginable ! de … |
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Dans l’assistance un jeune se lève |
et interrompt le discours de Louis. |
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Morgan :
Non,
je ne peux pas vous laisser continuer à parler ainsi.
Je me présente : mon nom est Morgan.
Je trouve que nous vivons une époque formidable.
Vous ne me croyez pas ?
En regardant la bibliothèque de mes parents,
j’ai l’impression que nous passons
de la civilisation de l'écrit,
à une civilisation de l'image ;
à une autre écriture, si vous voulez ;
à une grammaire différente.
Mon grand frère, qui est marié, est accro de la bande dessinée,
lui.
Pour nous,
c’est l'image en mouvement ;
c’est nos Play-Station qui nous attirent le plus …
Notre professeur nous reproche de vivre dans le virtuel :
lui, il est pour l'imprimé, la ronéo, la photocopieuse,
tandis que
nous, c’est le Web. Et nos blogs …
Ce sont ces bouleversements que vous trouvez mortels pour l’humanité ? |
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Louis :
Vous ne vous rendez pas compte,
mais notre société passe de la réflexion à l'émotion…
Et cette évolution
nous pose bien des questions.
Ne va-t-elle pas changer radicalement notre vie ensemble ?
Pour vos grands-parents, ne devenez-vous pas des étrangers… ?
Tout faire reposer sur l’émotion ne va-t-il pas étouffer
notre vie intérieure ?
L'émotion a ses dangers, elle se prête à toutes les manipulations |
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Morgan :
Que de questions !
Que d’appréhensions !
Vivons donc
notre époque !
Je suis heureux d'avoir un téléphone mobile,
de pouvoir accéder à Internet !
Mes parents grimacent en me voyant passer des heures à jouer en réseau.
Ils pensent que ces changements sont catastrophiques pour mon avenir !
Mon oncle fait tout le temps la leçon à mes cousines
sur leur façon de s’habiller, de parler,
de ne penser qu’à aller un jour à la star academy…
Il pense que
l’avenir sera sans relief pour elles… |
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Louis :
Je veux bien que pour vous, tout ne soit pas catastrophique, aujourd’hui…
Mais n’avez-vous pas le sentiment de vivre une drôle d’époque,
pleine d’inventions nouvelles et en même temps si angoissante ?
Je me souviens d’avoir monté un col dans les Pyrénées
pour passer dans l’autre vallée.
Au col, nous nous sommes trouvés devant un à-pic.
Impossible à descendre sans corde.
Je me demande si votre ascension, si ascension il y a,
ne risque pas de déboucher sur un vide ? |
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Morgan :
Pfff ! Nous vivons une époque formidable.
Est-ce une vie d’être dans le métro ou dans le train,
silencieux et entassés les uns sur les autres ?
Grâce à mon mobile,
je vis ;
quand je veux,
je peux être en relation avec mes amis, ma famille.
Pour mes amis,
la télévision n’est plus du théâtre virtuel.
Les gens parlent d’eux sans fard,
ils racontent leur vie en vérité.
Ce qui compte pour nous,
c’est ce que nous aimons et ce que nous ressentons. |
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Image tirée d'une émission
d'Arte de la série "Danse"
- danseuse Nagisa Shirai |
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Louis :
Cette façon de vivre autour de son ‘moi’
voilà bien
ce qui m'inquiète !
ne va-t-elle pas se transformer en catastrophe pour l'avenir de l'humanité !
Nos anciens avaient d’autres points de repère que ce petit ‘moi’ tout
rabougri.
Je dois quand même reconnaître que ce "petit moi"
a quelques beaux atouts de son côté…
Léonard de Vinci ne conseillait-il pas à ses élèves :
"Quand tu dessines, n'aies personne à côté de toi
sinon tu risques de regarder avec ses yeux et non avec les tiens."
Je me souviens d’un épisode de la vie de Matisse.
Il peignait une femme penchée au balcon.
Il la peignait comme une nature morte.
Quand son grand ami et soutien Everpoel
découvre cette peinture,
il lui conseille de la détruire au plus vite
car à ses yeux, elle ne vaut rien.
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La compagne de Matisse le supplie de suivre le
conseil de leur ami ;
elle a besoin qu'il vende ses toiles pour nourrir leur bébé.
Mais Matisse croit en lui.
Il ira jusqu'au bout de sa création.
Cette peinture a été reconnue peu après comme un chef d'œuvre…
Son ‘Moi’ était en lui comme une force capable de donner
la vie.
Jésus lui-même n’a-t-il pas proclamé :
"On
vous a dit… moi, je vous dis…" ?
Mais de là au narcissisme actuel…
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Morgan :
Moi, je pense qu'aujourd’hui,
on peut passer du « Moi » narcissique
au « Moi, je me livre aux autres,
avec ce que j’ai de fort en moi » !
Vous avez parlé tout à l’heure de monter un col
pour aboutir sur du vide :
Ne s’agit-il pas plutôt
d’un passage. |
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Louis :
Tu as peut-être un peu raison…
Mais regardons une autre évolution pour le vérifier.
Je pense à cette télévision qui célèbre le
corps à longueur de journée.
On voit s'étaler
des corps boursouflés par l'obésité
des corps anorexiques célébrés par les défilés
de mode
des corps marqués par les soucis
des corps brisés par la violence
des corps noirs, blancs, rouges, jaunes…
des corps sculptés par le sport
des corps surexposés pour mieux vendre
des corps refaits pour effacer la vieillesse...
Alors, il n’y a plus que le corps qui compte ?
La belle évolution !
Notre esprit, notre âme, que deviennent-ils ? |
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Morgan :
Tu ne vois
pas combien c’est grand, cette évolution ?
Que mon corps
soit noir ou blanc,
cela ne compte
plus pour nous.
Aujourd’hui,
mon corps m’appartient.
Je peux dire
qui je suis
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En le peignant, en le tatouant,
En mettant des bijoux là où j’en ai envie.
Les filles n’ont plus peur d’être surprises
par ce qui se passe dans leur corps.
Elles le dominent grâce aux médicaments.
Grâce à la chirurgie,
aujourd’hui, tout le monde peut être bien dans sa peau..
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Louis :
Vous devenez drôlement matérialistes.
Mais c’est l’image de votre corps qui compte, finalement !
Seule vous importe l’apparence.
et non ce qui vous travaille ‘au fond’.
Tout est fait pour ne plus écouter votre voix intérieure.
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Morgan :
Ah, vous croyez cela !
Aujourd’hui notre société est peinte aux mille couleurs :
avec des blancs plein de nuances,
avec des jaunes souvent discrets,
avec des noirs plus ou moins foncés.
Notre société s'habille de mille façons différentes,
quitte à faire concurrence aux défilés de mode...
Le peuple français parle la même langue
mais enrichie de multiples accents.
Notre société chante en français et en anglais
sur des musiques latino aux accents de Blues ou de tango...
Ne croyez-vous pas que cette variété
peut être le signe d’une nouvelle naissance de l’humanité :
chacun pourra apporter sa richesse aux autres…
Moi, je vis motre époque comme un passage
ouvert au métissage des cultures. |
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Louis :
Alors là,
vraiment,
on ne change pas seulement d’époque
mais de civilisation.
Dieu disparaît au profit de l’homme.
Est-ce la fin de la civilisation judéo-chrétienne ? |
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L'humanité s'habille de
mille couleurs,
de vert pour chanter l'espérance,
de bleu pour voir loin,
de rouge pour crier les injustices
de noir pour pleurer tout ce que la mondialisation écrase
de jaune d'or pour attirer le regard vers tout ce qui est juste,
vrai, fraternel.
Qu'ils soient africains, européens, américains,
asiatiques, australiens,
les artistes qui voyagent ou émigrent
apportent avec eux des couleurs étonnantes.
Ils secouent les lits dans lesquels les peuples aiment se laisser
bercer.
Quand ces couleurs se rencontrent et se parlent,
elles créent un nouveau chef d’œuvre.
Dieu, créateur du cosmos,
met lui aussi ses talents d'artiste
au service de l'histoire des hommes,
pour que l'humanité
ne mélange pas toutes les couleurs
en un blanc unique.
Dieu rassemble toutes les couleurs
en un arc en ciel :
avec respect et tendresse,
il embrasse chacun,
quelque soit son histoire. |
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2 - Le génie du christianisme
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Morgan :
La fin de la civilisation judéo-chrétienne ?
Pourquoi pas ?

Il suffit de regarder le monde, l’avenir que vous nous laissez :
Comment se fait-il qu’il y ait tant de guerres de religion ?
tant de pauvres ?
tant de misère ?
tant d’exploitation ?
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Louis :
Oui, mais que nous faut-il vivre aujourd’hui
pour que notre avenir à tous
brille comme un arc en ciel ?
L’expérience des anciens pourrait offrir quelques lumières…
Comme tout à l’heure
.
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Morgan :
J’ai une amie, Domitille, qui fait des études d’histoire.
Depuis 2000 ans,
il y a eu bien des bouleversements culturels,
des changements de civilisation ;
Malgré tous ces bouleversements
la religion chrétienne existe toujours.
Elle pourrait nous aider à comprendre pourquoi.
Comme elle n’est pas loin,
je vais l’appeler avec mon portable.
Tiens, il sert à quelque chose celui-là…
Vive le 21ème siècle !
Domitille entre avec un gros livre dans ses bras. |
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Morgan :
Domitille, nous sommes en pleine discussion.
Je me rappelle que les chrétiens s’étaient servis de la philosophie
grecque
pour exprimer au mieux leur foi en Jésus,
Dieu fait homme.
Crois-tu que les chrétiens pourraient se nourrir de ce qui se passe aujourd’hui
pour mieux vivre leur foi
même si on change de civilisation comme on le prétend… ? |
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Domitille :
J’ai avec moi mon livre sur l’histoire des religions.
Elle feuillette son livre.
Je lis ceci :
Les sociétés en crise qui vivaient
une rupture culturelle, politique, philosophique ou religieuse importante
ont donné naissance à un art nouveau.
Pense au surgissement foudroyant de l’empire musulman
qui a donné naissance à l'art de la calligraphie de la langue
arabe
et à un art architectural original. |
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Morgan :
Il a dû en être de même
quand le christianisme à pu vivre en toute liberté
dans un empire romain en crise…
Les chrétiens d’alors ont sans doute dû créer
une nouvelle civilisation… un art nouveau.
Louis :
Les artistes de leur temps
ont sûrement dû faire naître un art chrétien
en créant des églises. |
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Domitille :
Imaginez-vous à Rome au début du 4ème siècle.
Les chrétiens implantés dans la ville depuis 300 ans
étaient régulièrement inquiétés, parfois violentés,
persécutés.
Aussi, pour se rassembler les dimanches,
ils ont pris l'habitude de se réunir
dans la maison d’une famille chrétienne.
Dans une salle,
ils entouraient tout simplement celui qui présidait la célébration
de l'Eucharistie.
L'empereur Constantin décrète que les chrétiens sont désormais
libres
et qu'ils peuvent se rassembler publiquement, là où ils le désirent. |
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Morgan :
Où peuvent-ils se réunir ?
Dans une église ?
Il n'en existe pas.
Dans un temple romain ?
C'est un lieu démoniaque, infréquentable pour les chrétiens.
Ils ont peut-être organisé un concours d'architecture,
pour inventer un lieu sacré typiquement chrétien… |
Domitille :
Justement non !
Les chrétiens d'alors n'inventent rien au plan esthétique, artistique.
Ils se sont rassemblés dans des bâtiments
qui s’inspiraient de l’architecture des basiliques,
ces bâtiments que les romains avaient inventé
pour que le peuple puisse se rassembler à l'abri du soleil et de la pluie.
Et comme une communauté chrétienne est un peuple qui se rassemble,
la basilique était le lieu tout trouvé.
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Louis :
Si je comprends bien :
Le génie du christianisme a consisté
à ne pas inventer une philosophie, une sagesse, un art.
Les chrétiens sont allés habiter la recherche des hommes
de leur époque.
Comme ils se sont nourris du judaïsme
pour vivre en communion avec le Dieu de leurs pères,
ils ont puisé dans la sagesse grecque
pour exprimer leur foi.
En habitant la basilique,
les chrétiens lui ont donné une nouvelle dimension. |
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Domitille :
Tu as parfaitement raison.
C’est cela le génie du christianisme.
Il n'a pas créé de lieu "sacré" original
parce que pour lui, la seule réalité "sacrée",
c'est l'homme aimé de Dieu,
et la communion entre les hommes habitée par Dieu.
Le bâtiment-église est un lieu de rassemblement des chrétiens ;
s'il peut être dit "sacré", c'est seulement comme signe
prometteur
du rassemblement de l'humanité dans la Jérusalem nouvelle…
Je prends un autre exemple.
André Grabar, russe orthodoxe,
historien de l'art byzantin et de l'iconographie du Moyen Âge,
a mis en lumière par quel chemin l'Évangile s'était inculturé à cette époque.
La culture iconographique du monde païen
offrait des ressources immédiates et très riches aux artistes chrétiens.
Aussi, à sa naissance
le christianisme n'a pas cherché à forger ses propres modèles.
Il les a tout simplement puisé dans le milieu où il baignait.
à tel
point que la société les a en quelque sorte récupérés.
Je pense aux droits de l’homme, à la liberté de conscience…
La révolution
française n’a-t-elle pas faite siennes
ces trésors que le christianisme avait déposé en son sein ? |
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Louis :
Si je t’ai bien compris,
je peux dire que :
les artistes chrétiens
n'ont pas inventé un art chrétien
mais qu'avec leur 'œil intérieur',
ils ont su trouver des chemins d'inculturation
en s'inspirant de la quête de justice et de vérité de leur
temps.
En ces temps-là, les chrétiens étaient quand même
des gens géniaux. |
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Domitille :
Pour moi, Il reste une question :
Dans notre société plurielle, métissée de toutes
les couleurs,
dans cette civilisation qui naît aujourd’hui,
les chrétiens d’aujourd’hui sauront-ils être aussi
géniaux que leurs ancêtres ? |
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Morgan :
Allons-y carrément !
Tout à l’heure,
On a disait que nous avons une nouvelle relation avec notre corps.
Cette évolution n'ouvrirait-elle pas une porte
pour mieux comprendre
ce que Dieu veut vivre avec nous
quand il dit qu’il s’est fait "chair" ? |
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« J'ouvrirai la bouche
pour dire des paraboles,
je clamerai des choses cachées depuis la fondation du
monde. »
"En ce jour-là, Jésus
sortit de la maison et s'assit au bord de la mer.
Et les foules nombreuses s'assemblèrent auprès
de lui,
si bien qu'il monta dans une barque et s'assit ;
et toute la foule se tenait sur le rivage.
Et il leur parla de beaucoup de choses en paraboles.»
En bon oriental et avec tout son
génie
propre,
Jésus parle en parabole.
Il laisse l'auditeur libre
de créer sa réponse
à son rythme et dans sa culture.
Pour les jeunes bouddhistes, dans le lâcher - prise.
Pour les jeunes de culture occidentale, par la création.
Pour les jeunes musulmans par l'écoute et la soumission.
Pour les jeunes africains, par la danse
Pour certains en privilégiant l'action.
Pour d’autres, en vivant les temps de l'enfantement.

Et aujourd’hui ?
Cette Parole accueillie et cette réponse créée
provoquent-elles des ruptures ?
Font-elles aimer ?
Rendent-t-elles fière et digne ?
Donnent-t-elles une dimension divine à tout homme ?

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3 - Aujourd'hui, les langages
des images et des sons
Domitille :
Actuellement, je pense que les chrétiens
peuvent être heureux et fiers d'appartenir à un peuple
ouvert à l'universel dans le respect des cultures,
à une Église sensible à l'invisible
dans le respect des sensibilités religieuses différentes.
Le dialogue interculturel et interreligieux
fait désormais partie intégrante de la vie de l'Église.
Pour exprimer leur foi,
pour entrer en dialogue dans le respect des autres,
les chrétiens pourraient s'inspirer aujourd'hui
de la voie déjà suivie par Jésus et par son Église
:
le langage de la parabole.

Dans notre monde
si sensible à toutes les images et aux sons multiples,
à une époque où bien des personnes sont attirées
par l'audiovisuel
pour s'exprimer,
pour se montrer,
pour écouter,
pour s'ouvrir,
pour s'abrutir,
pour se cultiver
une question nous est posée :
dans ces mondes de l’image et du son,
les chrétiens pensent-ils que l'Evangile y a encore sa place ?

J'ai cherché une habitation
pour accueillir l'évangile dans le monde d'aujourd'hui.
Je l'ai cherchée dans cette forêt
dans ces villes nouvelles de la création artistique.
Où rencontrer aujourd’hui des habitations
prêtes à accueillir la Bonne Nouvelle ?
Images, chants, mimes, danses,
films, poèmes, récits, photos, musiques...
en existent-t-ils aujourd'hui
qui sans être d’abord des expressions religieuses
laissent deviner une profondeur, un mystère, une présence ?
Images, des peintures, des sculptures
invitation à se laisser envahir par l'autre ?
Musiques, poèmes donnant envie de créer
sa vie ?
Films, des vidéos, des
photos
invitation à chercher les traces de la présence
de Dieu
au cœur de l'histoire humaine ?
Quel nom leur donner ?
Film-Symbole ? … Récit- Symbole ?
Il ne serait pas un trésor enfoui à exhumer
mais un voyage.
Image - symbole ?
Elle ne serait pas une carte - souvenir
mais un territoire à explorer.

Musique-Parabole ?
qui n’est pas là simplement
pour être enregistrée sur son MP3
mais qui ne demande qu’à être dansée.
Peinture – Icônes
qui parle à celui qui la contemple
et qui suscite un dialogue intérieur.
Le christianisme est le seul monothéisme
qui se nourrit de l’art des hommes
et le nourrit en allant habiter dans la recherche des hommes.
Leurs oeuvres prennent alors une dimension nouvelle
Et ouvrent au coeur de l'Autre.

Domitille :
J’ai sous les yeux
des reproductions d’artistes d'aujourd'hui.
Ces oeuvres ne sont pas tant des images religieuses
que des œuvres
dans lesquelles les artistes cherchent à exprimer leur vision
du monde.
Morgan et vous, Monsieur,
Je ne vous invite pas à entrer
dans une galerie d’art
mais à vous mettre à l’écoute d’artistes
qui cherchent à communiquer leur vision
de l’homme,
du monde,
parfois de Dieu qui vit l’histoire de l’humanité.
En prenant le temps de regarder ces œuvres
vous pouvez vous demander :
quelles sont celles qui vous parlent de votre histoire
qui rejoignent votre sensibilité religieuse
qui vous ouvrent à l’universel ?
Je
serais heureuse d’avoir vos réactions
parce que, me semble-t-il,
nous aurions si peu à faire
pour que notre monde nous entende enfin parler "dans sa propre
langue",
comme au jour de la Pentecôte…
Vous pourrez poster vos réactions en utilisant
le mail suivant - inculturation.artcult@club-internet.fr .
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