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Présentation de l'Éditeur (4ème de couverture) Marie
Alain Couturier
En France, vers 1950. Événement sans précédent, un homme d'Église est l'ami des plus grands artistes de son temps. C'est le P. Couturier- On le trouve chez Matisse ou chez Le Corbusier, chez Braque ou chez Rouault. Il rencontre Fernand Léger, Chagall, Picasso et bien d'autres- Sans parler de Cocteau, Jouhandeau, Julien Green... Tous le reconnaissent comme un interlocuteur éclairé. Pour plusieurs, architectes ou peintres, il devient un partenaire, car il les engage dans l'aventure d'églises nouvelles, tomme au Plateau d'Assy ou bien a Audincourt. Il permet à des rêves improbables de devenir vrais: Matisse fera une chapelle, à Vence, et Le Corbusier à Ronchamp. Sur le rôle du P. Couturier dans ces deux derniers dossiers, ce livre apporte d'ailleurs des éléments nouveaux. Quant au couvent de La Tourette, si on savait bien qu'il n'aurait pas existé sans Couturier, on en apprendra ici beaucoup sur les profondes relations de celui-ci avec Le Corbusier, Depuis deux siècles au moins, en matière d'arts plastiques ou d'architecture, les partes des églises ne se sont Jamais ouvertes aux immenses artistes que notre pays a connus. Van Gogh, Cézanne, Rodin ou d'autres, peut-être auraient-ils décliné l'offre, mais si, invités en amis, lis avaient franchi ces portes, que se serait-il passé? Pour eux, pour les églises, pour l'Église, pour l'imaginaire de la foi des chrétiens... Couturier, lui. a su faire cela, pour son temps. Non sans combats face à de tenaces oppositions et de farouches conservatismes, il écrivait ainsi une page de l'histoire de l'art en France au XX' siècle. Plus encore qu'esthétique, l'enjeu était spirituel. Réconcilier, dans un vrai "Art sacré" contemporain, La tradition chrétienne et la modernité artistique, offrir à nouveau, comme jadis, de la beauté dans les lieux où Dieu est honoré, ce devait être un chemin pour renouveler un christianisme affadi a l'image de son art préféré, le Saint-Sulpice. Echec, succès ? Ce n'est pas avec de tels mots qu'on juge un prophète. Couturier, dans son domaine, en fut un. Ces actes d'un colloque tenu à Nice en 2001, cinquantième anniversaire de sa mort, constituent le premier recueil d'études sur l'homme lui-même, ses proches, les limites et les enjeux de son action. Ils entendent contribuer à une mémoire féconde et manifester la pertinence actuelle de ce flamboyant dominicain. Serre éditeur 2005 - 24x16cm - 221 pages - ISBN 2-86410-434-2 - 28 euros |
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Commentaires
d'ACF La parution des actes du colloque de Nice réjouira tous ceux et celles qui se passionnent pour l'art sacré. Quand le père Couturier regardait les œuvres qui ornaient les églises, il se demandait si l'Eglise se laissait porter par l'Esprit créateur de Dieu. Pour lui, des églises comme Lisieux et Lourdes ne sont pas seulement des fautes de goût, elles sont des insultes. "La gloire de Dieu ne consiste pas dans la richesse et l'énormité, mais dans la perfection d'une œuvre pure. Si nos églises étaient ainsi, elles pourraient recommencer à enseigner au monde que très peu de choses suffit à l'essentiel." (p.51). Le Père Couturier a voulu que l'immense aventure artistique soit de nouveau inspirée par la tradition chrétienne. Pour relancer cette aventure, le père dominicain ne va pas manquer d'audace. D'abord, il va se lier d'amitié avec le monde des artistes coupés de l'Eglise depuis des décennies. Pour lui, les artistes étaient animés de l'Esprit créateur de Dieu. Avec leur esprit passionné, audacieux, libre et assoiffé de spirituel, les artistes n'hésitaient pas à se lancer sur les sentiers de la création. La force et l'audace du père Couturier prenaient sa source dans la confiance qu'il avait en eux. Le père Couturier était aussi très sensible au fossé qui existait entre le monde des artistes et l'Eglise. Il a souvent exprimé que l'Eglise avait sa grande part de responsabilité dans ce divorce. Il sentait ce divorce à l'intérieur car lui-même était non seulement peintre mais dans les actes du colloque, il est noté que la belle œuvre du père Couturier fut la confection de la revue Art sacré. Il comprend d'autant moins ce divorce que pour lui "ce qui fait une œuvre d'art, c'est un certain chant prodigieux que le cœur d'un homme et ses mains, ses mains quelquefois maladroites, tirent la beauté du monde ou la joie du monde ou du malheur du monde. Et ce chant prend alors un tel accent, que, peu à peu, les hommes l'entendent et le suivent, des générations entières fascinées…" (p.29). Ce divorce touche d'autant plus profondément le père Couturier qu'il ne croit pas que l'art mène à Dieu. Il faut donc allers vers les artistes et nouer avec eux des liens d'amitié et de confiance pour que la soif spirituelle qui anime un certain nombre d'artistes puisse s'exprimer dans une commande d'Eglise comme cela s'est vécu pour l'église du plateau de Passy, pour la chapelle de Ronchamp, pour le couvent de la Tourette… Ces actes du colloque manifestent 'la pertinence actuelle de ce flamboyant dominicain'. Abbé Robert Pousseur, octobre 2005 |
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