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Festival de juin 2001 de Troyes
Organisé par "Art, Culture & Spiritualité"


La Chair et Dieu : quand la Création annonce l'Incarnation...

Pour le deuxième festival, de nombreux artistes se sont mis au service de ce projet spirituel et acceptent de relire avec nous cette fragile union de la faiblesse et de l'éternité : la chair et Dieu.

Ils ont présenté leurs oeuvres du 15 au 30 juin 2001.

Guy Bertholon, peintures Vers le texte
Sabine Larger, céramiques Vers le texte
Dominique Roy, photographies Vers le texte
Todor Vassilev, peintures Vers le texte
Oeuvres de retraitées, collages Vers le texte
La chair et le corps, c
onférence d'Annick de Souzenelle Vers le texte
Philippe Péneaud, sculptures Vers le texte
la chair et Dieu dans l'Ancien Testament, page biblique par Dominique Robert Vers le texte
la chair et Dieu dans le Nouveau Testament, page biblique par Dominique Robert
Vers le texte


 

Guy Bertholon, peintures

Né en 1933 à Andrézieux (Loire), Guy Bertholon commence sa carrière comme dessinateur textile, puis enseigne à Paris et à Evreux. Il travaille le dessin satirique, des courts métrages d'animation, des expositions de peinture, puis, à partir de 1985, des thèmes qui donnent lieu à des ensembles de plusieurs toiles. Depuis 1995, son atelier est installé dans l'Yonne.

" Je peux créer une peinture qui parle au cour et à l'esprit " nous dit Guy Bertholon.
Le trait, la forme et la couleur le conduisent à l'essentiel, avec simplicité et profondeur. La toile devient réflexive, et conduit celui qui la regarde à ce qu'il a de plus intime, c'est-à-dire à la fois de plus personnel et de plus universel. Guy Bertholon se définit lui-même comme " metteur en images " ; à la différence d'un metteur en scène, ce n'est pas sur l'apparence des personnages qu'il travaille, mais sur la symbolique la plus secrète, la plus cachée, qui devient sur la toile la plus évidente, parce que la plus dépouillée.
Il nous propose un ensemble de toiles inspirées du Cantique des cantiques, et c'est pour lui l'amour humain qui conduit à l'amour divin, dans le silence, dans la simplicité de son travail, aussi.

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Sabine Larger, céramiques

Sabine Larger vit aujourd'hui au Portugal. Elle s'inspire des frises et des couleurs des céramistes portugais pour réaliser une oeuvre originale : les Anges deviennent les compagnons des hommes, au quotidien.

...................... ......Texte sur les Azuelos Vers le texte



Dominique Roy, photographies

Dominique Roy est prêtre, directeur du Service diocésain "'Art, Culture, Spiritualité". C'est à ce titre qu'il organise depuis 2 ans ce Festival "Art et Spiritualité" à Troyes.
Depuis des années, il pratique la photographie avec le désir de proposer une rencontre entre les églises, leur statuaire, leurs auteurs et ceux qui, aujourd'hui, les prolongent par leur propre regard.

Dans cet esprit, il nous a proposé une nouvelle exposition d'œuvres photographiques réalisées dans la cathédrale de Troyes.

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.......................................................................................................Dominique Roy et la cathédrale de Troyes Vers texte et photographies

 


Todor Vassilev, peintures

Né en 1948 à Sofia, Todor Vassilev s'inscrit à l'Académie des Beaux-arts après quatre années d'études de médecine. A la fin de ses études, section Arts-Appliqués, Design, Mode, il passe un an en Pologne et se spécialise dans la technique des Icônes. En 1981, ses opinions politiques l'obligent à quitter son pays ; Il s'installe en France où il travaille en agence de communication comme directeur artistique. Lauréat du Grand Prix de France en 1988 et 1989, il expose à Paris, à Sofia, dans la Marne. En 1999, il participe au salon de S.N.B.A., au Carrousel du Louvre, où il obtient la Grande Médaille d'Or du Mérite et Dévouement Français au titre des Arts.

La peinture de Todor Vassilev n'est pas à proprement parler une peinture traditionnelle, elle reflète la vie, l'amour, la mort, l'actualité. Son oeuvre est concentrée, dense, synthétisée, cruelle parfois. Sa peinture n'est pas ludique, elle est orientée : le peintre transmet des messages. Dans le cadre de cette exposition, c'est le Christ de chair qu'il a présenté.

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Oeuvres de retraitées, collages

Une démarche particulièrement originale a été d'inviter des résidentes d'une maison de retraite à s'exprimer sur le thème du festival. Les dames de 80 à 95 ans qui ont répondu à cette gageure, elles qui n'avaient jamais touché à l'art, ont produit une série de collages qui traduisent de façon émouvante leur vue sur leur vie.

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"Le plus merveilleux de mes souvenirs a été de donner la vie" - Ma vie n'a rien d'enviable, j'ai perdu deux maris et ma fille à 21 ans, après avoir traversé bien des déserts. (Madame Juliette Mullot - 80 ans) "Le travail et la liberté" - J'ai découvert le paradis à 15 ans, le jour où je suis allée travailler; c'était une libération, une ouverture sur le monde extérieur, j'étaids très heureuse et pourtant j'avais peu, mais le peu j'y tenais et je l'aimais". (Madame Reine-Marguerite Néolas - 95 ans)


La chair et le corps

Conférence d'Annick de Souzenelle

Thèmes abordés :

En référence au mythe créateur de notre tradition judéo-chrétienne, la chair et le corps sont très clairement distingués l'un de l'autre

Le corps exprime la chair et celle-ci est une qualité de l'être liée au principe fondateur de tout être humain, " l'image " divine qui constitue son être créé ; elle est intérieure à lui.

Selon que l'Homme entre dans une dynamique de « Ressemblance » ou qu'il reste, avec le collectif encore actuel, en exil de lui-même, son corps s'illuminera de la qualité de la chair ou sera identifié, dans nos textes sacrés, à un cadavre...

Mais si la mort de ce corps physique est inéluctable, elle peut se faire dans la puissance de la résurrection de la chair "et prendre alors place au cour de la vie.

 


Philippe Péneaud, sculptures

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Page biblique par Dominique Robert

« la chair et Dieu dans l'Ancien Testament »

 

Dans toute la Bible, le mot "chair" désigne tout être vivant

Avant le déluge, Dieu dit à Noé "Pour moi la fin de toute chair est arrivée (Genèse 6/13) après le cataclysme, l'auteur 1 confirme : "Avec la crue des eaux... expira toute chair qui remuait sur la terre (Genèse 7/20 21)

L'être humain tout entier (corps et esprit) marqué par la fragilité, la finitude, la mort, le péché.

Cette fragilité est décrite par le prophète Esaïe lors de la déportation à Babylone: « Tous les êtres de chair sont de l'herbe, et toute leur constance est comme la fleur des champs: l'herbe sèche, la fleur se fane quand le souffle du Seigneur vient sur elles en rafale. Oui le peuple, c'est de l'herbe: l'herbe sèche la fleur se fane. Mais la parole de notre Dieu subsistera toujours " (Esaïe 40/6 8).

Littéralement, le texte hébreu dit même, à la fin de ce verset 8 : « ... la parole de notre Dieu est debout pour toujours"

Pour tout l'Ancien Testament en effet il y a antagonisme entre Dieu inébranlable (Il est mon Dieu, le rocher où je me réfugie" Psaume 18/3 ; mais onze autres psaumes qualifient également Dieu de "rocher") et la fragilité de la chair.

Cependant, l'histoire entre Dieu et l'humanité commence bien:

Ce Dieu inébranlable, c'est par sa parole "debout pour l'éternité" qu'il lance le monde en existence en Genèse 1 ; Et en particulier l'homme et la femme, créés le sixième jour "image de Dieu" (Genèse 1127), installés dans un statut royal, puisque invités à exercer sur la création, une souveraineté qui revenait au Créateur : " ... remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête... (Genèse 1/28).

« ... Je vous donne toute herbe ... tout arbre ..." (Genèse 1/29).

Pourtant en Genèse 6/3 Dieu prend en compte la fragilité de l'homme : "il est chair" et semble se désolidariser de lui : « Mon Esprit ne dirigera pas toujours l'homme. ». C'est que entre Genèse 1/28 et Genèse 3/6 l'homme et la femme ont utilisé la liberté qu'impliquait leur statut royal pour refuser Dieu :

· La transgression de la Genèse 3
· Le meurtre de Abel par Caïn en Genèse 4
· L'âpreté des vengeances tribales que laisse deviner Genèse 4/24 ...

Mais un rocher ne se, résigne pas, et Dieu se souvient de l'amour qu'il a eu pour l'homme dès avant sa création : "Qu'est donc l'homme pour que tu penses à lui ... (Psaume 815).

Et ce constat de fragilité répété conduit à la miséricorde :

"Et lui le miséricordieux, au lieu de détruire, il effaçait la faute... se souvenant qu'ils n'étaient que chair" (Psaume 78/38 39).


Page biblique par Dominique Robert

« la chair et Dieu dans le Nouveau Testament »

 

Pour mieux exercer cette miséricorde, Dieu franchit même ce fossé entre les hommes et lui "le Verbe s'est fait chair, Il a planté sa tente au milieu de nous (Jean 1/14).

La "Parole debout pour l'éternité", puissance créatrice du Dieu inébranlable, vient au milieu de nous dans la fragilité de "l'herbe", de "la fleur des champs" "et nous avons contemplé sa gloire" (Jean 1/14).

La gloire de Dieu, qui "apparaissait aux fils d'Israël sous l'aspect d'un feu dévorant au sommet de la montagne" (Exode 24/17), qui fait gronder le tonnerre (Psaume 29/3) s'est donnée à voir dans la fragilité de l'Incarnation de la Parole de Dieu.

Cette Parole de Dieu faite chair, le discours sur le pain de vie (Jean 6/58) nous invite à nous en nourrir. Le parallèle entre Parole de Dieu et nourriture est bien connu de tout l'Ancien Testament :

"L'homme ne vit pas de pain seulement, mais de tout ce qui sort de la bouche du Seigneur" (Deutéronome 8/3).

"Voici venir des jours où je répandrai /a famine dans le pays non pas la faim du pain, mais celle d'entendre la parole du Seigneur". (Amos 8/11).

"Fils d'homme, nourris ton ventre et remplis tes entrailles de ce rouleau que je te donne. Je le mangeai ; il fut dans me bouche d'une douceur de miel" (Ezéchiel 2/3),

"Par là, les fils que tu as aimés, Seigneur, devaient apprendre que ce n'est pas la production de fruits qui nourrit l'homme, mais bien la parole qui fait subsister ceux qui croient en toi (Sagesse 16/26).

Dans le discours sur le pain de vie, l'image du pain descendu du ciel (Jean 6/26-50) invite à voir dans le Verbe fait chair, la Parole de Dieu à accueillir dans la foi.

"Je suis le pain de vie" (Jean 6/48).

"Tel est le pain qui descend du ciel, que celui qui en mange ne mourra pas" (Jean 6/50).

Nous sommes encore proches des représentations de l'Ancien Testament, avec toutefois cette différence que la Parole a pris chair. Mais accueillir la Parole n'est qu'une étape, qui conduit à 'Eucharistie :

"le pain que je donnerai, c'est ma chair" (Jean 6/51).

"Celui qui mâche ma chair et boit mon sang a la vie éternelle... (Jean 6/54).

Cette évocation réaliste de l'Eucharistie (le mot "mâcher' évoque la manducation de la Pâque juive) n'est pas pour autant matérielle . Mais par le mot "chair Jean évoque la présence de la personne totale du Verbe Incarné dans le sacrement. Entrer en communion avec le Fils "Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui" . (Jean 6/56), c'est entrer en communion avec Dieu, vivre de la vie même de Dieu « Et comme le Père qui est vivant m'a envoyé et que je vis par le Père, ainsi celui qui me mangera vivra par moi" (Jean 6/ 57).

 


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