Action diocésaine à Bobigny
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Pièce de théâtre de Danielle
Kelder |
Vous prenez trois congrégations baptisées du
même mot de "charité":. les Auxiliatrices de la
Charité, les Soeurs de la Charité de Nevers et les Fils
de la Charité.
Vous les mettez ensemble à mariner dans leur nom pour en extraire
le suc.
Vous confiez le mélange à une chanteuse en formation théâtrale:
Danielle KELDER.
Vous y rajoutez une quinzaine de jeunes de la région parisienne ou
de province de 20 à 30 ans qui n'ont pas ou peu l'habitude des planches.
Mais, très important, qui ont un coeur gros comme ça! Motivés
qu'ils sont de recevoir une bonne pincée d'expérience théâtrale
et convaincus que le mot "charité" n'est pas à vendre...
mais à vivre.
Vous laissez le tout macérer un an, à raison d'un W-E mensuel
et d'une semaine de travail à Nevers en Juillet 2002.
Et vous avez là les ingrédients du spectacle "Charité point
comme..." où théâtre, musique, chanson, réalité et
spiritualité se mêlent... sur fond historique de début
du 20ème siècle: Charonne, quartier populaire, près
de la Bastille, un bistrot animé...
Mais chut! le rideau se lève!
Michel RETAILLEAU, Fc
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La pièce se déroule dans le quartier populaire de Charonne,
près de la Bastille à l'aube du 20éme siècle.
Un bistrot animé où entrent pêle-mêle la vie du
boulot, les potins du quartier, les nouvelles du monde et du Tout Paris.
Un bar où se croisent les ouvriers à l'heure de la pause, les
voisines et autres habitués.
Dialogues vivants, ambiance chaude, chansons et musique... personnages typés
comme François l'anarchiste, Marcel le syndicaliste, Lucien le râleur,
Tic-Tac le silencieux et son énigmatique instrument de musique, Emilienne
la prostituée, Caro l'Africaine et d'autres encore.
Le moins que l'on puisse dire, c'est que le mot "charité" n'a
pas ici bonne presse.
Il évoque trop la pitié condescendante des bien pensants ou
l'idéalisme des rêveurs.
Sur fond de cette "cour des miracles", apparaissent peu à peu
trois figures :
Le père Anizan, regard de bonté et de confiance, attaché à tout
ce peuple dans lequel il a su découvrir ou éveiller bien des
richesses insoupçonnées;
Soeur Madeleine, figure aimante et proche de tous par ses mains de travailleuse;
Bernadette, l'adolescente illettrée de Lourdes, que l'on envie d'avoir été visitée
par la Dame de la grotte.
Leur secret à tous les trois ?
Ce sont des figures attirantes d'une "charité point comme..." l'idée
qu'on s'en fait habituellement.
Sans prêchi-prêcha ni jus pieux, des déplacements dans
les esprits et les coeurs se font jour, jusque dans l'ultime scène
où Lucien le Râleur, blessé à Verdun, découvre
que le mystérieux Tic-tac n'était "point comme..." il
croyait. Et que lui aussi avait "du prix"!
Texte : Danielle KELDER.
Mise en scène : Johan MONDIOT-HALLEZ.
Régisseuse : Jeanne UKO.
Décors : Philippe BRADEL, Hervé COURTIER, Michel ROUX.
Musique : Marie SECLIER (flûte), Guillaume LACHERET (violoncelle),
Stéphane FAIFE (accordéon), François BESANCENOT (guitare).
Arrangement musical : Patrick CARRE.
Comédiens: Jocelyne CARPENTIER, Eric EON, Jeannette EPAULARD, Guillaume
LACHERET, Florence JARREAU, Anne LIAIGRE, Julien PERROT, Joëlle MOORE,
David MAILLET, Mylène MARCEAU, Michel RETAILLEAU, Marie et Xavier
SECUER, Sébastien SENE. Benjamin VERGNIAUD.
Production : Oeuvres Religieuses et Sociales (ORS).
Contact : troupeconcy@voila.fr
Un CD de deux chansons : «Charité point comme...», qui
accompagne et prolonge le spectacle, est en vente à la sortie du spectacle
(8€). Composés par Danielle KELDER, ces deux titres rendent hommage à Bernadette,
la Sainte de Lourdes et au P. Anizan, l'apôtre du peuple
Les Fils de la Charité
Religieux, prêtres et laïcs, nous vivons en petites communautés,
cherchant ensemble la trace de Dieu dans une vie donnée à l'évangile.
Au sein de quartiers populaires où se croisent travailleurs, précaires
et familles immigrées, nous expérimentons avec eux que tout
visage est aimé de Dieu. Dans ces foules bigarrées et arc-en-ciel,
c'est ensemble, avec un coeur de pasteur, que nous travaillons à construire
des communautés chrétiennes ferventes, ouvertes et solidaires.
Les Auxiliatrices
de la Charité
Passionnées de Dieu et de ce monde, enracinées dans les banlieues,
nous cherchons à vivre et à témoigner de l'Amour du
Christ dans les réalités quotidiennes
Les
Soeurs de la Charité de
Nevers
Au coeur des lieux du monde marqués par la pauvreté et l'exclusion
où nous sommes envoyées, en partageant la vie des hommes et
des femmes au milieu desquels nous vivons, nous voulons dire à tous
la tendresse du Père, la Charité de Dieu. Nous voulons rappeler
le cri de Dieu pour chacun: Toi, tu m'intéresses! Tu as du prix à mes
yeux !
Marie, étudiante, Villeneuve st Georges
Entre deux fou-rires avec mes copains, j'ai découvert les différentes
facettes de la Charité.
Cette super ambiance qui règne entre nous rend la pièce encore
plus fraîche.
Mylène, étudiante, Villeneuve St Georges
En vivant entre nous le partage, nous avons touché du doigt l'essence
du mot Charité.
François, étudiant, Wittelshein
mol Charité me semble ringard. Je pré/ère le mot compassion,
qui signifie qu'il faut savoir s'imaginer à la place de l'autre pour
le comprendre dans ses joies, ses souffrances et ses attentes.
Je sais maintenant que la Charité est une richesse du coeur
Jocelyne, Auxiliatrice
de la Charité, Clichy La Garenne
La Charité, c 'est d'abord une manière d'aimer, d'entrer en
relation avec l'autre, de le considérer, d'accueillir et se laisser
accueillir.
C 'est donner à l'autre toute sa dimension.
Johan, metteur en scène, Bosmie l'Aiguille
C'est une des expériences collectives les plus enrichissantes que
j'ai vécues: des amateurs ont atteint en quelques mois un niveau professionnel
parce que leur travail est nourri par une réflexion spirituelle...
Danielle, auteur, Limoges
Je n'ai pas reçu d'éducation religieuse. Je me suis convertie à l'adolescence.
C'est en écrivant cette pièce que j'ai pleinement compris que
même le plus humilié, le plus abîmé, le plus défiguré par
la vie, celui là reste beau aux yeux de Dieu.
Anne, conseillère en économie sociale et familiale, Arcueil
Avant, j'associais Charité et Aumône. C'est en jouant cette
pièce que j'ai compris la vraie définition du mot «Charité».
Florence, infirmière, Nevers
Je suis venue dans l'inconnu, avec une grosse attente dans le coeur.
Cette pièce m'a ouvert les yeux sur ce qu 'est la vraie Charité. Ça
a changé quelque chose dans ma vie de tous les jours.
Xavier, maquettiste, Villeneuve St Georges
Le plus intéressant dans cette pièce, c 'est que, bien qu 'elle
se déroule au début du siècle, on y retrouve beaucoup
de choses actuelles que nous vivons dans les quartiers populaires.
Cette pièce m'a fait grandir par l'expérience que j'ai vécue.
Jeanne, Soeur de ta
Charité de Nevers, régisseuse, Villeneuve
le Roi
Ce texte me touche par le jeu des jeunes acteurs qui lui donne chair, le
rend vivant. L'expérience de la Charité, dans la vie de ce
groupe, c 'est que chacun est arrivé à comprendre que l'avis
de l'autre est aussi important que le sien. Que l'autre est capable de donner
le meilleur de lui-même pour que cette pièce soit encore plus
belle.
David, animateur socioculturel, Corrèze
Le titre est intriguant car il mélange deux éléments:
la Charité, valeur spirituelle et morale, et «point comme»,
qui fait référence à la froideur des technologies modernes,
et d'internet en particulier.
Dans cette pièce, on parle beaucoup de la guerre qui se profile, contre
laquelle le peuple d'alors est aussi impuissant que nous aujourd'hui face à ce
qui se passe en Irak.
La salle municipale, prêtée
par la ville de Bobigny, était quasiment remplie par un public, essentiellement
adulte, parmi lesquels les jeunes étaient assez bien représentés.
Après la pièce, un débat s’est engagé avec
une bonne centaine de spectateurs qui avaient envie d’en savoir plus
sur la charité aujourd’hui.
D’emblée, la première question interrogeait les comédiens
sur la pratique de la charité entre eux! La charité n’est
jamais acquise: c’est un chemin sur lequel on s’aventure progressivement
au fil des occasions que nous offre la vie quotidienne.
Puis, c’est Rachel, environ 8 ans, qui a mis dans le mille: «La
charité, c’est quoi?». Différentes interventions
ont permis de lui répondre. La troupe a choisi ce mot, qui fait un
peu ringard, pour dire un projet qui nous dépasse et qui nous change.
Ce mot ancien est toujours jeune. Issu du latin «caritas», il
a donné «charité», qui désigne l’amour
qui vient de Dieu et qui nous relie à lui, et «cherté» qui
signifie à l’origine ce qui a du prix aux yeux de Dieu avant
de désigner, plus prosaïquement, le coût de la vie. La
charité est donc une manière d’aimer gratuitement car
l’autre a du prix et mérite mon respect. Quand la pièce
avait été jouée à Lourdes, une petite fille de
5 ans, Stella, aurait dit:«La charité, c’est quand t’as
pas envie mais que tu le fais quand même pour lui faire plaisir…».
Charité est donc un mot qu’il est important de dépoussiérer
parce qu’il est original: c’est Dieu qui nous apprend à prendre
soin des autres. Par exemple, notre vie en banlieue n’intéresse
pas grand monde; pourtant Dieu y prend soin de chacun. Parce que chacun a
du prix à ses yeux, Dieu nous invite à prendre soin les uns
des autres. Voilà pourquoi il faut remettre ce mot à l’honneur,
l’annoncer sans complexe car il est au cœur de notre foi chrétienne.
C’est comme le mot «compassion» qui est très employé par
les Bouddhistes et qui est aussi au centre de la foi chrétienne: vivre
une passion (au sens de la Passion de Jésus) avec l’autre, souffrir
avec celui qui souffre. La charité, c’est le fait d’affronter
ensemble les drames de la vie, de se porter les uns les autres pour mieux
vivre ensemble.
Cet esprit transpire dans toute la pièce mais aussi dans l’attention
mutuelle des acteurs. Certains ne font qu’un passage dans la troupe,
d’autres changent de rôle, d’autres arrivent, invités à entrer
en scène par la fraternité qui règne entre eux. Ainsi
chaque personnage est en devenir grâce à ce que chacun y apporte.
Cette fraternité en acte, nous l’avons encore expérimentée
au cours du repas qui a conclu cette soirée à la paroisse de
Tous les Saints. Un grand merci à tous ceux et celles qui ont contribué à la
réussite de cette rencontre!
Dans notre 93, un certain nombre de chrétiens vivent dans les cités.
Pour nous, cette pièce apporte un petit bol d’air frais; elle
fait respirer notre espérance. Non pas qu’elle soit asphyxiée,
mais elle a besoin de se renouveler en étant partagée le plus
largement possible.
C’est tout l’enjeu du rassemblement des chrétiens
en cité, qui aura lieu le samedi 9 avril 2005 et où nous espérons
bien revoir un certain nombre d’entre vous!
Jean-Claude D’Arcier
Jean-Claude D'ARCIER : 1,av de l'Illustration - 93000 Bobigny / Tél. 01 49 34 07 47 / jc.darcier@wanadoo.fr