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Tabou ou le corps de la Lettre,
2000 Ardoise et bois, 32 x 32 cm
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Bernard Chevassu Cette lisière incertaine entre la chair et l'esprit mêlant interdit et sacré désigne plus communément ce que les profanes ne peuvent toucher sans commettre un sacrilège. Tabou ou le corps de la lettre Étrange antagonisme que celui de la Chair et de l'Esprit! Fascinant témoin de ces dualités rivales imprégnées de passion, nimbées de désir... L'ancien Testament déjà opposait ce couple singulier, la chair étant évoquée dans sa précarité, son caractère transitoire, et l'esprit empreint de la pérennité du divin. Le Nouveau Testament, de même, témoigne de cette déchirure propre à l'inhumain, écartelé entre deux pôles qui l'attirent d'égale manière, et dont les écrits du Moyen Âge portent encore l'indélébile trace, la chair, « Misérable, insensée, aveugle, démente » (Bernard de Clairvaux), se voyant même qualifiée par Hildebert de Lavardin de « fange gluante ». [ ... ] C'est à cette figure plurielle de l'Homme, à cet indicible point limite, où l'interdit et le sacré se conjuguent à loisir, à ces zones incertaines où le profane ne se hasarde guère, de peur de s'aventurer en terre sacrilège, c'est à tout cela que « Tabou » se propose d'apporter son modeste tribut. Hommage implicite au «Voyage » de Cook, évocation peut-être d'autres voyages qui furent miens, en de hautes terres lointaines. Bernard Chevassu, Illzach, le 29-1-2000 |
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