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Expositions de la beauté en Avignon

 

·         LA BEAUTE

« La beauté sauvera le monde. La beauté est la clé du mystère et elle renvoie à la transcendance. Elle est invitation à savourer la vie et à rêver de l’avenir. » écrit Jean-Paul II aux artistes. 

« … l’art, lorsqu'il est authentique, a une profonde affinité avec le monde de la foi, à tel point que, même lorsque la culture s’éloigne considérablement de l’Eglise, il constitue une sorte de pont jeté vers l’expérience religieuse. Parce qu’il est recherche de beauté, fruit d’une imagination qui va au-delà du quotidien, l’art est, par nature, une sorte d’appel au Mystère.  Même lorsqu’il scrute les plus obscures profondeurs de l’âme ou les plus bouleversements aspects du mal, l’artiste se fait en quelque sorte la voix de l’attente universelle de la Rédemption. » Jean-Paul II aux artistes.

Avignon, cet été de l'an 2000, a exploré la signification de la "Beauté" à travers plusieurs expositions : en voici quelques illustrations en 4 thèmes

La beauté en Avignon

Bénédicte Geoffroy-Scheitert, dans la revue Beaux-Arts présente « Qu’est-ce que la beauté ? » en s’exclamant : « La beauté est morte, vive les beautés. »

Pierre Sterckx poursuit cette présentation dans un article intitulé : ‘De la beauté moderne.’ En voici quelques extraits : 

« Baudelaire définit la beauté là où la culture traditionnelle ne l’avait jamais cherchée. Pas au Louvre ; plutôt dans la rue… Wahrol pousse à fond l’aspect de l’esthétique baudelairienne qui fait des réalités les plus banales et vulgaires  quelque chose d’héroïque… Pour Duchamp et Margritte, le beau est le fait d’une rencontre imprévisible avec les objets les plus humbles… si la beauté a basculé dans le cri, le supplice et l’horreur, c’est que la conception même de l’être humain s’est modifiée de fond en comble dans le même temps. Pour Freud, un enfant n’est pas un angelot mais un « pervers polymorphe. »… La beauté moderne peut donc accaparer la laideur, l’obscurité, l’aveu pulsionnel violent parce qu'elle ne craint pas de décoder les processus et les origines. Ce qui est beau, c’est ce qui fait sens, au risque du non-sens comme l’a montré Duchamp. Et qu'importe si, dans un Rothko, la violence du monde n'est pas décrite ! Elle est transfigurée en écrans de douleur et de splendeurs. Rothko ou la beauté absolue, l'abstraction comme témoignage musical de l'indicible.Le beau pour le crapaud, disait Voltaire, « c'est sa crapaude ». 

Christian Lacroix, dans l’article ‘miroir de la beauté’ revient sur la définition de la beauté : « Dans l’idée même de beauté, il y a toujours pour moi un secret à percer, un miroir à traverser… De nos jours, la beauté, je la trouve toujours dans la rue, mais aussi en regardant ce que font mes contemporains. C’est d’ailleurs une beauté qui vient du chaos, une beauté de l’extrême, du radical, du viscéral, une beauté qui saigne. Il y a, à ce propos, une phrase de Nietzsche que j’adore : « Il faut beaucoup de chaos en soi pour faire naître les étoiles. » 

Et plus loin, nous pouvons lire cette finale de l’article d’un journaliste : « Les artistes ont bien compris que notre avenir ne se situe plus dans un déploiement forcené de technologie, mais qu’il est ailleurs, davantage au niveau de notre enveloppe charnelle et de nos sentiments sur le bien et le mal, le beau et le laid. » Olivier Reneau. [1]

 

 

L'une des expositions d'Avignon incluait de multiples tags, moyen d'expression spécifique de nos cités : en voici quelques exemples

Les Tags

Les taggeurs se mettent dans des circuits non pécuniers pour crier à la société leur vie, pour avoir à eux un espace de prise de parole … marquer son territoire pour dire que « j’existe. »

 Jean-Louis Prat écrit dans une interview consacrée à l’exposition du nu à la fondation Maeght (La Croix des 2 & 3 septembre 2000) que les artistes se sont engagés « dans une voie résolument personnelle, singulière, qui est en quelque sorte une position de croyant à la recherche d’une nouvelle expression de la vérité de l’homme…. les artistes sont devenus les hérauts de notre temps qui accumulent, les uns à côté des autres, des effets de sens, de vérité. »


[1] BeauxArts numéro spécial « Qu’est-ce que la beauté ? »  Juillet 2000