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La boite verte de Jacques Faujour

Extraits de la "BOITE VERTE"

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Village du Pouleïs - Plounéour / Menez. / Finistère
© Jacques Faujour 1978

Oui, il s'agit vraiment d'une boite - un objet - sensible au toucher, à regarder, à compulser...
Ci-dessus, certes vous pouvez savourer les photographies sur ce site, mais pouvoir les tenir dans ces mains, issue d'un bel objet, est tellement plus agréable... si cela vous tente, l'auteur accueillera vos questions avec grand plaisir.

La BOITE VERTE la boite verte de Jacques Faujour............

 


La boite verte de Jacques faujour ..............La boîte verte

Une histoire à regarder comme on feuillette un livre. Une diagonale des jours en vingt-sept photographies, vécues ailleurs, ici sous nos yeux.

Ces photographies, Jacques Faujour et moi les avons choisies, assis par terre, dans la pièce où il travaille - quelques deux mille photocopies de toutes les photographies qu'il a prises depuis une vingtaine d'années. Deux mille, beaucoup plus, peut-être. Un oui non étrange avec des allers et retours sans exclusion et une grande certitude, dès le premier regard. Quel instinct nous guidait, au cours de ces après-midi, l'instinct de quel parcours, quelle histoire - je ne pense pas qu'il y ait une vraie réponse.

Cet ensemble a pourtant une grande unité de style et de regard. Ces photographies se parlent, se disent des choses faciles à deviner mais secrètes. Candeur, simplicité, dépouillement sans esthétique de départ toujours si proche de l'effet et de la gratuité ultérieurs, la vie la plus journalière est entrevue, vécue. Les métiers qui disparaissent, la villégiature locale, le travail quotidien, la création artistique sont situés loin de toute complaisance narcissique.

Jacques Faujour est photographe au musée national d'art moderne. C'est avec cela qu'il nourrit sa famille et s'achète de la pellicule, c'est là que nous nous sommes rencontrés à mon retour à Paris en soixante-quatorze. Louise Nevelson, Jean Tinguely, Etienne Martin dans la boîte verte de Jacques Faujour sont exactement ce qu'ils ont été pour nous qui les avons connus. Pour les autres, ils seront le garagiste du coin, une élégante un peu marquée, un vieil artisan pensif qui doit raconter le soir des histoires à la Bachelard où il est question de greniers et de robinets qu'on astique. Le fil des jours, le fil de l'eau - jours disparus, jours à disparaître.

Des histoires à deviner ou à rêver comme on feuilletterait ses propres souvenirs.
En toute quiétude, selon soi-même.

Jean-Yves Mock - Paris, 1997



Voici aussi un texte d'un ami de Jacques Faujour, qui reflète bien sa démarche.

Instants de liberté

Eh bien ! En voilà des révoltés

Ils se sont arrêtés sans mot dire, debout au bord de la mer, assis sans gêne sur une barrière Vauban, un radeau de fortune, un pliant de jardin. Celles-ci bavardent, celles-là retroussent leur robe pour quelques pas dans l'eau. Ils s'enlacent ou se regardent en chien de faïence, la bouche pleine.

Petites gens, infimes libertés. On ne peut pourtant pas oublier Goethe. »Vivre à son gré est plébéien, dit-il ; la noblesse aspire à l'ordre et à la loi. » C'est vrai. Les petites gens ont leur manière : ils transgressent quand ça leur chante l'ordre des choses qu'ils aiment tant.

Jacques Faujour les a vus ainsi. Avec tendresse, sans doute, mais cela ne suffit pas à tout expliquer.

Oscar Wilde emprisonné, s'écrit: « Il n'y a pas un seul malheureux être enfermé avec moi dans ce misérable endroit qui ne se trouve en rapport symbolique avec le secret de la vie ».

En effet, l'oeuvre faite, on voit enfin les associations ténues, vitales des mouvements, des lieux; les ruptures aussi. Les grands arbres s'inventent, les plis des petites robes blanches itou et la laisse qui relie maître et chien dans le même regard n'échappe pas à la règle.

On ne peut pas dire après cela qu'on vomit la vie des simples. On aimerait être sur la photo. Pour se sentir plus libre.

André Meury

 


Coordonnées

Jacques Faujour : jacques.faujour@tele2.fr
Paris



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